.......J'avance, je poursuis ma route, et là je m'arrête, je m'arrête pour observer. Je croise du monde, je vois de nombreuses têtes que plus jamais je ne reverrais, d'autres que je reverrais mais dont je ne souviendrais sûrement plus.
.......Les gens passent à côté de moi, me bousculent, m'évitent, mais tous continuent leur route. Certains rigolent, d'autres parlent, mais tous passent sans me voir, alors que moi je les vois, je les observe, je les scrute. Des jeunes, des moins jeunes, des peaux mâtes, des peaux claires, des hommes, des femmes, des enfants, et moi je suis là, au milieu, comme encerclé par toutes ces personnes que je ne connais pas, par toutes ces personnes qui ne remarque même pas que j'existe. Je me tourne, je cours, je cris, mais il y a toujours cette foule d'inconnus qui me bouche l'horizon.
.......Pourquoi est-ce que je me sens si seule ? Pourquoi m'a-t-on abandonné là, condamné à observer les autres vivre, tandis que moi j'attends, j'attends que l'on vienne me chercher ? Seule, si seule, et pourtant je ne l'avais pas vu, mais maintenant je les vois, elles sont là, devant, devant moi les personnes que je connais, les personnes qui partagent un morceau de chemin avec moi, les personnes qui me réconfortent, qui me font rire, ou tout simplement les personnes qui remarque que j'existe.
.......Elles sont là, toujours là pour que je me sente moins seule parmi tous ces inconnus.
Mais certaines s'arrêtent ensuite, ou encore tourne et me laisse, seule, seule sur mon chemin, puis d'autres me rencontrent et suivent mon chemin m'accompagne sur mon périple.
.......Moi je le sais, je le sais très bien, personne, n'est immortel, rien est immuable, tout bouge, tout le monde avance, et finalement à la fin que deviens-t-on ? Est-on vraiment regretté ? On croit connaître des gens pour finalement être déçu, d'autres se révèlent bien plus précieux que l'on aurait pu l'imaginer, mais à la fin on est seul, seul face à soi-même, seul à affronter le monde, les autres.